Tomsk en français


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Tomsk dans les livres en français (2)


Voici quelques présentations de Tomsk dans des livres en français, surtout des encyclopédies. Elles sont classées par ordre chronologique, en commençant par les plus anciennes:

Dictionnaire géographique-historique de l’empire de Russie (1813)

par Nikolaï Sergueïevitch Vsévolojsky, Conseiller d’État actuel, chevalier de l’ordre militaire de Saint-George, publié à Moscou par l’imprimerie de l’auteur

Ce livre est intéressant à plusieurs titres: il est sans doute plus fiable dans ses descriptions, l’auteur affirmant lui-même: «j’ai pu par mes amis et mes relations me procurer des renseignemens tels qu’un étranger n’auroit pu avoir»; d’autre part le choix du français au lieu du russe pour cet ouvrage de 660 pages en deux volumes s’explique par un souci de faire connaître la Russie outre-frontières «en langue françoise, devenue celle du public lettré de l’Europe entière» (avant-propos, page IX). Voici quelques extraits de l’article sur Tomsk, avec l’orthographe originale:

couverture du livreTOMSK, ville capitale du gouvernement de son nom, et chef-lieu d’un district, elle est située sous le 56°3o’ de latitude septentrionale, et le 102°39’ de longitude orientale, à 4463 verstes de Pétersbourg, et 3735 de Moscou, sur la rive droite du Tom, à près de 4o verstes de son embouchure dans l’Ob. Cette ville a été bâtie en 1604 comme un simple ostrog, à la demande d’un petit chef tatare qui campoit dans les environs. Après un incendie qui la réduisit en cendres, on la rebâtit en 1648 comme ville, mais elle n’a été réellement capitale d’un gouvernement que depuis 1800. Tomsk est bâti sur un terrain très-inégal et varié par des éminences et des fonds; elle longe le fleuve du sud au nord, il reçoit au midi un canal qui vient d’un lac. C’est ici que demeurent la plupart des Tatares. [...]

En général, rien n’est aussi irrégulier que les anciennes rues et les maisons de Tomsk, les rues sont étroites et tortueuses, les maisons ne sont point alignées, et débordent. Il est vrai que depuis les fréquens incendies qui ont eu lieu, on rebâtit sur un plan plus régulier, et les nouvelles rues sont larges et tirées au cordeau. [...]

Sa population peut être portée à plus de 6 000 personnes des deux sexes. Les bateaux abordent dans la partie inférieure de la ville, parce que le Tom, près de l’embouchure du lac Vessélichnoie, est rempli de bancs de sable, et a des places où les eaux sont très-basses. Le commerce fait vivre la plus grande partie des habitans de Tomsk. On n’y trouve d’autres manufactures que des tanneries de cuirs de Roussie, et des imprimeries en étoffe. Cette ville est très-avantageusement située pour le commerce, à cause de la communication des rivières, c’est pourquoi celui de Sibérie s’y fait généralement; le pain et la viande y sont à très-bon marché. Le Tom et l’Ob fournissent une si grande quantité de poisson, qu’on peut en approvisionner plusieurs autres places pendant l’hiver.

Copie de l’article original. Le Dictionnaire géographique-historique a été numérisé par Google. Il ne sera pas inutile de lire l’avant-propos (pages IX et X) et un avertissement au lecteur à la suite des destructions par les armées de Napoléon de plusieurs villes russes pendant la campagne de Russie en 1812 (pages XV et XVI).

Voyage en Chine et en Mongolie (1866)

de M. de Bourboulon : ministre de France, et de madame de Bourboulon, 1860-1861; par Achille Poussielgue, publié par L. Hachette et cie, 1866.

Madame de Bourboulon n’écrit pas moins de six pages sur Tomsk dans le chapitre XXIII de son récit. En voici quelques extraits:

couverture du livre

Cette ville est peu pittoresque : cependant on y voit sur les bords d’un bras canalisé du Tom, qui la traverse d’une extrémité à l’autre, nombre d’anciennes maisons en briques et en pierres, d’une architecture qui remonte aux premiers temps de l’occupation de la Sibérie. [...]

Nous avions été attendus à Tomsk par le général Duhamel, gouverneur de la Sibérie occidentale [...] Le général Duhamel est d’origine française comme l’indique son nom; il a été ministre en Perse, et est entouré dans son gouvernement du respect et de l’affection de ses administrés.

En relatant le faste bourgeois dont elle est témoin à Tomsk, Madame de Bourboulon fait preuve d’une conscience politique exacerbée. Elle constate les rapports entre les classes sociales en Russie avec une lucidité prémonitoire, plus de 50 ans avant la Révolution d’octobre 1917:

C’était un sujet d’étonnement pour moi que la position de la classe moyenne; qui sait ce que l’avenir réserve comme destinée politique à ces mineurs intrépides, à ces marchands habiles, qui ont centuplé par leur travail les richesses de ces immenses régions incultes, et sur qui reposent peut-être la force réelle, et les destinées de l’empire russe?

Copie du passage sur Tomsk (7 pages PDF). Le livre de Madame de Bourboulon a été numérisé par Google.

16 000 lieues à travers l’Asie et l’Océanie

voyage exécuté pendant les années 1858-1861 par le comte Henry Russell-Killough, membre de la société française de géographie et de l’Alpine Club de Londres.

Russell-Killough décrit Tomsk dans le chapitre V de son livre. Il y consacre une quinzaine de pages, pleines de tendresse pour «la ville la plus séduisante de toute la Sibérie» selon la propre expression de l’auteur:

couverture du livreTomsk est non seulement la plus jolie ville de Sibérie, mais une des plus jolies du monde; elle a bon nombre de maisons de pierre, à colonnades et péristyles, des trottoirs en bois, des rues aussi larges que régulières, quinze ou seize fort belles églises, et un assez bon petit théâtre. [...]

La race humaine, ses formes, son sang, ses attitudes, tout est merveilleux à Tomsk; les hommes y sont souples, élégants, bien faits, l’image même de la santé; les femmes y sont presque toutes jolies, et il ne faut pas longtemps pour s’en apercevoir. [...]

Je fais aussi l’ascension d’une colline qui avoisine Tomsk, surmontée d’une grande croix et d’un pavillon qui recouvre une pierre tumulaire. C’est là que reposent les cendres d’un certain colonel français au service de la Russie il y a un siècle; il commandait la place de Tomsk et voulut être enterré là-haut, parce qu’il aimait à y faire manœuvrer ses troupes. Son nom, gravé dans la pierre, était ou de Villeneuve ou de Villemers (de Provence); il y avait une épitaphe, mais m’étant gelé les dix doigts en montant, je n’eus jamais le courage de rester pour la déchiffrer.

Copie du chapitre V (PDF 1,2 Mo) du livre. L’ouvrage du comte Russell-Killough a été partiellement numérisé par Google d’après une édition publiée par BiblioBazaar.

Michel Strogoff, roman de Jules Verne (1876)

Dans ce roman, Tomsk joue un rôle particulier, puisque le courrier du tsar, Michel Strogoff, doit porter une dépêche importante justement à Tomsk. Le 1er chapitre du roman commence par ce dialogue: «Sire, une nouvelle dépêche. — D’où vient-elle? — De Tomsk.» Le chapitre IV de la deuxième partie du roman s’intitule L’entrée triomphale et se déroule... à Tomsk, bien entendu! Il est intéressant de remarquer que même dans un roman, Jules Verne cite ses sources et compare les descriptions de Tomsk faites par des voyageurs, dont il a lu les livres. Jules Verne n’a lui-même sans doute jamais mis les pieds à Tomsk. Voici un extrait du chapitre IV:

couverture du livre    Autrefois, Tomsk passait pour être située à l’extrémité du monde. Voulait-on s’y rendre, c’était tout un voyage à faire. Maintenant, ce n’est plus qu’une simple promenade, lorsque la route n’est pas foulée par le pied des envahisseurs. Bientôt même sera construit le chemin de fer qui doit la relier à Perm en traversant la chaîne de l’Oural.
    Tomsk est-elle une jolie ville ? Il faut convenir que les voyageurs ne sont pas d’accord à cet égard. Mme de Bourboulon, qui y a demeuré quelques jours pendant son voyage de Shang-Haï à Moscou, en fait une localité peu pittoresque. à s’en rapporter à sa description, ce n’est qu’une ville insignifiante, avec de vieilles maisons de pierre et de brique, des rues fort étroites et bien différentes de celles qui percent ordinairement les grandes cités sibériennes, de sales quartiers où s’entassent plus particulièrement les Tartares, et dans laquelle pullulent de tranquilles ivrognes, «dont l’ivresse elle-même est apathique, comme chez tous les peuples du Nord ! »
    Le voyageur Henri Russel-Killough, lui, est absolument affirmatif dans son admiration pour Tomsk. Cela tient-il à ce qu’il a vu en plein hiver, sous son manteau de neige, cette ville, que Mme de Bourboulon n’a visitée que pendant l’été ? Cela est possible et confirmerait cette opinion que certains pays froids ne peuvent être appréciés que dans la saison froide, comme certains pays chauds dans la saison chaude.

Michel Strogoff a été numérisé par Ebooks libres et gratuits. Le livre est téléchargeable en six formats différents.

Grand dictionnaire universel du XIXe siècle (1876)

par Pierre Larousse. Article sur Tomsk dans le tome 15, page 285:

couverture du livreTOMSK, ville de la Russie d’Asie, à 5400 kilomètres est-sud-est de Saint-Pétersbourg, par 56°29’39’’ de latitude nord et 82°49’36’’ de longitude est; 15 000 habitants. Chef-lieu de gouvernement de son nom. Elle est sur la droite du Tom et sur un terrain très inégal. Évêché, tribunal d’appel, gymnase, école militaire. Siège du gouvernement civil, ainsi que du commandant général des différents cantonnements de troupes établis dans les mines de l’Altaï. Ses principaux édifices sont la cathédrale et les cours de justice, la maison du gouverneur, l’hôtel de ville, les églises, les différents magasins de pelleteries et de sel, les casernes, etc. Tanneries de cuirs de Russie, imprimeries sur toiles. Centre d’un commerce important de fourrures, de cuirs et de céréales, favorisé par sa situation sur la grande route de Tobolsk à Krasnoïarsk, Irkoutsk et Kiachta.

L’article sur Tomsk continue avec une citation de la relation de voyage de Mme de Bourboulon, ci-dessus mentionnée. Le Grand dictionnaire universel est consultable sur Internet. Il a été numérisé par la Bibliothèque nationale de France.

Dictionnaire universel d’histoire et géographie (1878)

par Nicolas Bouillet, complété par Alexis Chassang
couverture du livre

TOMSK, ville de la Russie d’Asie, chef-lieu du gouvernement de Tomsk, sur le Tom, à 5000 km est-sud-est de Saint-Pétersbourg, par 82°49’ de longitude est et 56°29’ de latitude nord. 12 000 habitants. Évêché grec, tribunal d’appel, gymnase, école militaire. Ville belle et commerçante; quelques bâtiments remarquables, entre autres la cathédrale. Grand commerce de cuirs de Russie et de pelleteries. Tomsk a été fondée en 1604, mais n’est chef-lieu que depuis 1800.

Le Dictionnaire universel d’histoire et de géographie est consultable sur Internet. L’article sur Tomsk, ainsi que le reste de l’ouvrage, a été numérisé par la Bibliothèque nationale de France.

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Auteur de cette page: Claude Rouget | Dernière mise à jour: 12.04.2009

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